Bouger, c’est bon pour le corps… mais aussi pour le moral !

Dans notre société de plus en plus sédentaire (travail assis, écrans, urgences du quotidien…), la question de l’impact de cette sédentarité sur la santé mentale est cruciale.

C’est pour échanger sur cette problématique qu’a été organisé le webinaire Sédentarité & santé mentale : les liaisons dangereuses , qui réunissait Martine Duclos, professeur des universités, endocrinologue, médecin du sport et physiologiste et David Thivel, maître de conférence, docteur en physiologie de l’exercice, nutrition humaine et sciences de la santé. Ils sont tous deux co-directeur.ice.s de la Chaire « Santé en Mouvement ». Nous vous proposons dans cet article un résumé des points évoqués lors de cet échange.

L’intitulé du webinaire « les liaisons dangereuses » met en lumière les liens nets entre le temps passé assis et le risque accru de troubles psychiques (stress, anxiété, dépression…).

Les 2 experts ont tout d’abord rappelé que la sédentarité n’est pas simplement l’absence d’activité physique : c’est un comportement à part entière, défini par le temps éveillé passé assis ou allongé.
Et les conséquences ne touchent pas que le corps ! Elles concernent aussi le bien-être mental, bien que ce sujet soit pour l’instant moins médiatisé.

Pourquoi la sédentarité pèse sur le moral

Plusieurs mécanismes expliquent pourquoi un mode de vie sédentaire peut fragiliser l’équilibre psychique.

Tout d’abord, les études montrent qu’un sédentarité prolongée, notamment chez les personnes inactives, s’accompagne d’un risque plus élevé de dépression et d’anxiété. Une méta-analyse de 2017 évoque ~ 31 % de risque en plus de dépression pour les inactifs par rapport à ceux qui bougent régulièrement (voir l’étude).

D’un point de vue neurobiologique, l’activité physique favorise la production de neurotransmetteurs liés au bien-être (comme la sérotonine, la dopamine), stabilise l’humeur et aide à réguler le stress. À l’inverse, l’immobilité tend à « encrasser » ce système de régulation, augmentant la fatigue psychique, la démotivation ou les troubles du sommeil (voir l’étude).

Le mode de vie sédentaire favorise également diverses pathologies physiques (maladies cardiovasculaires, diabète, cancers…), qui vont elles-mêmes être sources de stress et d’anxiété, aboutissant un cercle vicieux alourdissant la charge psychique (voir l’étude).

Point important à retenir dans le webinaire : la sédentarité n’est pas seulement un sujet « physique », c’est un enjeu global de santé, mentale et corporelle.

Passer à l’action (même petit, même simple)

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de devenir marathonien pour inverser la tendance. Comme le soulignent les intervenants du webinaire, quelques changements simples peuvent faire une vraie différence.

  • Réduire les longues périodes assises : se lever toutes les 1h–2h, marcher quelques minutes, faire des étirements, même chez soi.
  • Privilégier des activités physiques adaptées : marche, jardinage, gymnastique douce, activités en plein air… Ces mouvements sont bénéfiques, non seulement pour le corps, mais aussi pour l’humeur, la gestion du stress, la qualité du sommeil.
  • Intégrer l’activité dans le quotidien : pas besoin d’équipement sophistiqué — l’important, c’est la régularité.

Ces petits gestes quotidiens, cumulés, peuvent aider à prévenir l’apparition de troubles mentaux liés à la sédentarité.

Pourquoi le sujet de la sédentarité et de la santé mentale est primordial aujourd’hui

Avec l’augmentation du télétravail, l’omniprésence des écrans et la réduction des déplacements, le phénomène de sédentarité concerne de plus en plus de personnes. Selon les autorités sanitaires, rester assis plus de 8 heures par jour, de façon répétée, augmente largement les risques pour la santé (voir l’article).

Ainsi, des dispositifs tels que Bretagne Sport Santé, qui référence des activités physiques adaptées pour tous et toutes, a donc un rôle crucial non seulement comme un outil de prévention physique, mais aussi comme un levier essentiel de santé mentale.

C’est une invitation à repenser notre rapport au mouvement : moins comme “sport intense”… mais plus comme “petits gestes quotidiens, bienfaits durables”.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez visionner le webinaire dans son intégralité

 

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