Le sport, c’est bon pour la santé : 5 raisons qui montrent que le sport est un véritable médicament

5 arguments qui montrent que le sport est bien un véritable médicament dont il serait dommage de se priver

On entend souvent parler de “sport-médicament” ou de “sport sur ordonnance”. Pourtant, il est parfois difficile de croire que pratiquer une activité physique peut soigner autant (si ce n’est plus !) qu’un médicament… Voici 5 arguments qui montrent que le sport est bien un véritable médicament dont il serait dommage de se priver.

Le sport est un médicament, il existe un Vidal qui lui est dédié

Tout le monde a entendu parler du dictionnaire Vidal, la “bible” des médecins qui regroupent tous les médicaments existants, les pathologies prises en charge, la posologie, etc… Depuis 2017, le Vidal possède une édition numérique dédiée au sport, le Medicosport-santé, souvent appelé “Vidal du sport”.

A disposition des médecins et professionnels de santé, mais aussi des particuliers, il présente pour chaque activité sportive les bénéfices sur la santé démontrés scientifiquement, ainsi que les précautions à prendre et les modalités de pratique à privilégier. Il permet aussi de rechercher pour une pathologie précise les activités sportives qui ont les meilleurs effets pour les proposer en traitement.

A partir d’une pathologie (ici dans la catégorie Cardiologie, les troubles du rythme avec défibrillateur implantable), on peut consulter la liste des activités physiques recommandées. Il est ensuite possible d’accéder au détail de la fiche pour chaque activité.
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La Haute Autorité de Santé (HAS) a également publié 11 référentiels d’aide à la prescription d’activité physique par pathologie, disponibles en ligne.

Le sport est la prescription de référence en première intention

Dans de nombreux cas, l’activité physique est prescrite en première intention, c’est à dire avant même toute autre prescription médicamenteuse. On parle alors de thérapeutique non-médicamenteuse, qui doit être privilégiée selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé. Les thérapeutiques non-médicamenteuses font pleinement partie aujourd’hui du système de soins, puisqu’elles ont été officiellement reconnues dans la loi de santé 2016.

La HAS indique par exemple, dans le cas d’épisodes dépressifs légers à modérés, que “un programme d’AP peut être proposé seul et en première intention, comportant des activités en endurance et en renforcement musculaire, avec un minimum de 3 séances supervisées par semaine, sur une durée minimale de 3 mois, pratiquées seul ou en groupe”. Marche, yoga ou encore Qi-Gong font partie des activités proposées. [1]

Le sport peut être prescrit sur ordonnance

 

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Cliquez sur l’image pour télécharger le dépliant

Suite à l’évolution des textes de loi, les médecins ont la possibilité, depuis 2017, de prescrire du sport sur votre ordonnance. Si le décret mentionne explicitement les personnes en Affection Longue Durée (ALD), les médecins sont bien sûr encouragés à prescrire l’activité physique à tous leurs patients. De plus en plus de mutuelles prennent d’ailleurs en charge une partie du coût des activités sportives.

En Bretagne, l’ARS travaille à sensibiliser les personnels de santé à l’intérêt de prescrire l’activité physique à grande échelle, et a notamment édité un guide pour les accompagner dans cette prescription.

Attention ! Le sport étant un médicament, vous devez suivre la prescription avec la même rigueur que pour un traitement médicamenteux (les antibiotiques, par exemple).

Il est particulièrement important de respecter les indications du médecin, tant au niveau de la posologie que du type d’activités, afin de profiter pleinement des bénéfices de l’activité physique sur votre pathologie. Ainsi, l’activité doit être pratiquée régulièrement, les effets immédiats se dissipant généralement au bout de 48h.

Le sport permet de diminuer le traitement médicamenteux

Bien sûr, le sport seul n’est pas suffisant pour guérir n’importe quelle maladie. Mais même dans le cas de traitements lourds, l’activité physique peut venir en complément et permettre de diminuer la part médicamenteuse.

Dans le cas du diabète de type 2, par exemple, qui nécessite une prise en charge médicamenteuse pouvant aller jusqu’à des injections d’insuline, la pratique d’une activité physique régulière permet d’améliorer la régulation de la glycémie (évaluée par le taux d’hémoglobine glyquée, ou HbA1c) et donc potentiellement de diminuer la survenue de complications (évitant ainsi les traitements médicamenteux pour prendre en charge ces complications) [2]. En association avec des mesures diététiques, l’activité physique est une composante incontournable dans la prise en charge de cette pathologie, permettant de limiter la médication.

L’hypertension fait également partie des pathologies où l’activité physique a démontré des effets importants. En 2018, une équipe de chercheurs a compilé les résultats de près de 400 études comparant les résultats de programmes d’activités physiques à ceux de traitements médicamenteux : l’activité physique permet une amélioration dans les mêmes proportions que le traitement par médicaments [3]. Si les auteurs ne conseillent pas pour autant d’arrêter les médicaments pour faire uniquement du sport, la combinaison de ces 2 approches permet de réduire la médication classique.

Enfin dans le cas de la dépression, l’activité physique a même montré des résultats supérieurs à ceux obtenus avec les antidépresseurs, notamment sur le taux de rechute à 6 mois [1].

Le sport est prescrit en prévention primaire, secondaire et tertiaire

Lorsqu’on parle de traitements médicaux, il existe 3 stades de prise en charge :

  • la prévention primaire, pour éviter d’être malade. Il s’agit de la prévention au sens où on l’entend habituellement
  • la prévention secondaire, qui vise à limiter l’évolution d’une maladie déjà présente
  • et la prévention tertiaire, dont l’objectif est d’éviter les complications d’une pathologie ou la rechute.

En considérant ces 3 aspects, le sport apparaît comme le meilleur des médicaments, car il peut être prescrit (de façon adaptée) dans chacun des 3 cas de figure, où il a démontré des bénéfices sur la santé pour le patient.

En pratique : vous pouvez en bénéficier, vous aussi !

On peut être tenté de se dire que c’est trop difficile, qu’on n’a jamais été sportif, ou qu’en étant malade, ça va être insurmontable. Finalement, c’est bien plus simple d’avaler 2 ou 3 cachets. Mais bonne nouvelle : vous n’êtes pas obligé de courir un marathon pour améliorer votre état de santé ! Ce qui compte, c’est de s’y mettre : bouger un peu est mieux que ne rien faire du tout.

Les plus sédentaires sont ceux qui ont le plus à gagner en augmentant un peu leur activité physique

Si vous n’êtes pas du tout actif, changez quelques habitudes au quotidien en suivant les recommandations de votre médecin peut suffire à améliorer votre état de santé et réduire votre traitement médicamenteux.

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En Bretagne, les médecins sont régulièrement informés par l’ARS des possibilités offertes par le sport-santé. N’hésitez donc pas à solliciter votre médecin, il saura vous conseiller sur l’activité physique à privilégier. Pour trouver des idées d’activité, pensez aussi à consulter les activités disponibles près de chez vous !

Vous hésitez encore ? Découvrez pourquoi le sport est bon pour tous, sans contre-indications ; et comment le sport peut aider à vieillir en bonne santé.


[1] Prescription d’activité physique et sportive – Dépression – Haute Autorité de Santé, Juillet 2019 → lire ici

[2] Physical activity advice only or structured exercise training and association with HbA1c levels in type 2 diabetes: a systematic review and meta-analysis. Umpierre D1, Ribeiro PA, Kramer CK, Leitão CB, Zucatti AT, Azevedo MJ, Gross JL, Ribeiro JP, Schaan BD. JAMA. 2011 May 4;305(17):1790-9. → lire le résumé de l’étude  (en anglais).

[3] How does exercise treatment compare with antihypertensive medications? A network meta-analysis of 391 randomised controlled trials assessing exercise and medication effects on systolic blood pressure. Naci H1, Salcher-Konrad M1, Dias S2,3, Blum MR4,5,6, Sahoo SA7, Nunan D8, Ioannidis JPA. Br J Sports Med. 2019 Jul;53(14):859-869. →  lire l’article en entier (en anglais)

 

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