Et si le travail devenait aussi un lieu de mouvement ?
On passe en moyenne une grande partie de nos journées assis. Devant un écran, en réunion, en déplacement… le corps bouge peu, parfois sans même que l’on s’en rende compte. Cette sédentarité installée au fil des années n’est pas sans conséquence : fatigue accrue, douleurs, perte de forme, et à plus long terme, des impacts sur la santé globale.
Face à ce constat, une dynamique nationale se met en place pour faire évoluer les environnements de travail. L’objectif n’est pas de transformer les bureaux en salles de sport, mais bien d’intégrer davantage de mouvement dans le quotidien professionnel. C’est précisément l’ambition du nouvel appel à projets lancé par le Ministère des Sports dans le cadre de la Stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030.
Sédentarité au travail : un enjeu de santé bien réel
La sédentarité correspond au temps passé assis ou allongé, en dehors du sommeil. Aujourd’hui, elle est identifiée comme un facteur de risque à part entière pour la santé.
Dans la fonction publique, ce sont près de 5,7 millions d’agents qui sont concernés par ces modes de vie sédentaires, avec des conséquences possibles comme les troubles musculo-squelettiques, les maladies cardiovasculaires ou encore certains troubles psychiques .
Ce phénomène ne concerne pas uniquement les postes très administratifs. Il s’installe souvent progressivement, entre les temps de travail prolongés, les trajets et la diminution globale de l’activité physique dans la vie quotidienne.
Bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport intensif pour agir. De petits changements dans la journée peuvent déjà faire la différence.
Remettre du mouvement dans la journée de travail : des solutions simples et concrètes
Intégrer de l’activité physique au travail ne signifie pas forcément se changer en tenue de sport entre deux réunions. L’idée est plutôt de repenser les habitudes et l’environnement.
Cela peut passer par des actions simples : proposer des réunions en marchant, encourager les pauses actives, aménager des espaces favorisant le mouvement ou encore installer du mobilier adapté comme des bureaux réglables ou des pédaliers.
Certaines structures vont plus loin en proposant des séances encadrées sur le temps de pause, accessibles à tous les niveaux. L’important est de créer une dynamique collective, où chacun peut trouver sa place, sans pression ni performance.
C’est justement cette approche globale, mêlant sensibilisation, environnement et pratique, qui est au cœur de l’appel à projets.
Un appel à projets pour passer à l’action
Le Ministère des Sports lance un appel à projets dédié à la promotion de l’activité physique et à la réduction de la sédentarité en milieu professionnel.
Cet appel s’adresse aux administrations de l’État, établissements publics et structures hospitalières publiques. Une enveloppe de 666 000€ est mobilisée pour soutenir des projets concrets .
Les initiatives proposées doivent s’articuler autour de trois axes complémentaires :
D’abord, informer et sensibiliser pour faire évoluer les représentations et encourager une culture du mouvement au travail. Ensuite, adapter les environnements professionnels pour faciliter le passage à l’action. Enfin, proposer une offre régulière d’activités physiques accessibles au plus grand nombre.
Les projets doivent également cibler en priorité des publics sédentaires ou éloignés de l’activité physique, et s’inscrire dans une démarche structurée avec un suivi dans le temps .
Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 17 avril 2026 (ici), pour des actions qui pourront démarrer à partir de septembre 2026 .
Des initiatives déjà inspirantes pour l’activité physique en milieu professionnel, y compris en Bretagne
Certaines structures ont déjà expérimenté ce type de démarches avec succès. C’est le cas de l’Université de Bretagne Occidentale, lauréate d’un précédent appel à projets.
Avec son initiative “UBouge”, l’université a mis en place une campagne de sensibilisation, des événements interactifs et même du mobilier favorisant le mouvement, directement sur les lieux de travail .
D’autres projets, comme celui du rectorat de Grenoble, ont proposé des ateliers multisports sur le temps du midi, des aménagements incitatifs et des solutions concrètes pour bouger plus facilement au quotidien .
Ces exemples montrent qu’il est possible d’agir, à différentes échelles, en tenant compte des réalités de chaque structure.
Vers des environnements de travail plus actifs ?
Au-delà de cet appel à projets, c’est une évolution plus large qui se dessine : celle de lieux de travail pensés pour la santé et le bien-être.
Intégrer davantage de mouvement dans la journée, c’est aussi favoriser la concentration, la convivialité et la qualité de vie au travail. Des bénéfices qui dépassent largement la seule dimension physique.
En Bretagne, de nombreux acteurs du Sport Santé peuvent accompagner ces démarches, en proposant des interventions adaptées, progressives et accessibles à tous. Pour les structures comme pour les individus, cela ouvre de nouvelles perspectives pour remettre le mouvement au cœur du quotidien.
Consulter la présentation de l’appel à projet
Appels à projets