Infection Covid-19 : le poids des maladies chroniques dans les cas sévères

Parmi les facteurs de risque de formes sévères, on retrouve notamment l'obésité.

La pandémie à SARS Cov-2 sévit maintenant depuis plusieurs semaines, et les connaissances se précisent sur le profil de malades hospitalisés ou présentant des formes sévères.
L’un des principaux facteurs de risque ressortant des expériences mondiales, confirmé par les équipes françaises, c’est l’obésité.

Plusieurs équipes françaises affirment maintenant que l’IMC moyen (Indice de Masse Corporelle) des patients admis en réanimation se situe autour de 30 kg/m², qui correspond au seuil de l’obésité, et presque 50% des patients sont porteurs d’une obésité sévère (IMC supérieur à 35) ou morbide (supérieur à 40).bretagne-sport-sante-obesite-covid-19

Les données devraient être confirmées grâce à la base de données européenne lancée le 19 mars par le Réseau européen de recherche en ventilation artificielle (REVA), concernant plus de 2 000 malades pris en charge dans 195 services de réanimation francophones, français essentiellement.
On rappelle qu’en France, le nombre de personnes en situation d’obésité sévère de grade 2 (IMC > 35) est d’environ 1,3 million, et de 600 000 pour l’obésité de grade 3 (IMC > 40).

Les mécanismes pouvant expliquer cet état de fait commencent à être élucidés depuis quelques années. En situation de surpoids, voire d’obésité, le tissu adipeux hypertrophié est à l’origine de phénomènes inflammatoires qui vont sévir localement, mais aussi se diffuser à l’ensemble des organes : cœur et vaisseaux, rein, tube digestif, cerveau … et bien sûr le poumon.
Le tissu adipeux (constitué à 80 % de cellules graisseuses appelées « adipocytes ») n’est pas un simple volume inerte destiné au stockage des lipides, il comporte des éléments vasculaires mais aussi cellulaires appartenant notamment au système immunitaire (macrophages, lymphocytes). Les vaisseaux qui l’irriguent sont d’autant plus fragiles et déficients que le tissu adipeux est hypertrophié. La souffrance tissulaire, qui découle de la mauvaise alimentation et oxygénation, va engendrer une réponse immunitaire et la sécrétion par les adipocytes, mais aussi par les cellules immunitaires, de substances appelées « adipokines » (messagers protéiques comparables à des hormones). Ces adipokines sont très nombreuses, beaucoup appartiennent au système classique de la réponse inflammatoire. Elles vont diffuser, par le sang, à tous les autres tissus de l’organisme, et instaurer un état inflammatoire « à bas bruit », permanent, qui endommage les organes. Ainsi, on suppose que les poumons des sujets obèses, déjà agressés au long cours par ce processus, fragilisés, seront bien plus susceptibles à l’infection que des poumons exempts d’inflammation chronique.
En outre, les voies biochimiques immunitaires anormales qui s’installent dans le tissu adipeux aboutiraient à l’affaiblissement d’une certaine catégorie de lymphocytes régulateurs, capables de freiner une réponse inflammatoire excessive.
Ainsi, les conditions requises pour une explosion de l’inflammation pulmonaire sont présentes chez les patients obèses, dont la ventilation est déjà affaiblie par le surpoids pesant sur la cage thoracique.
Pour finir, l’obésité est un état favorisant le diabète et l’hypertension artérielle, deux autres facteurs de risque de forme sévère de Covid 19 bien identifiés depuis le début de la pandémie. Le diabète de type 2, provoqué par la résistance à l’insuline instaurée par un excès de consommation de sucres, favorise largement les surinfections bactériennes, qui sont une des complications classiques de la maladie.

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En conclusion, le rôle majeur des maladies chroniques non-transmissibles, aux premiers rangs desquels l’obésité, le diabète et l’hypertension artérielle, physiologiquement liées les unes aux autres, ressort de manière spectaculaire au cours de la pandémie de Covid-19.

Une preuve supplémentaire, s’il en fallait, que l’état de santé général de la population est un enjeu majeur de prévention de sur-morbidité et de sur-mortalité. Les interventions en nutrition et en activité physique prennent, plus que jamais, de l’importance dans l’arsenal thérapeutique potentiellement à notre disposition. Il est urgent de renforcer le recours à leur mise en œuvre, afin de réduire les risques de santé encourus par la population.


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